Après des années 70 plutôt consacrées à la TV et à la mise en place de toute son œuvre considérée comme simplement bis et gore, c’est bien dans les années 80 que le cinéma de David Cronenberg a pu atteindre son apogée artistique, une sorte de sommet dont l’introduction se situe dans Vidéodrome et la conclusion sera Le Festin nu. Et ce même si Crash reste à ce jour son film le plus abouti, malgré le fait qu’il y délaisse déjà une grande partie de ce qui ne plaisait pas forcément à la critique et qui lui interdisait l’entrée dans les festivals les plus « nobles »1 : son goût pour l’horreur frontale qui l’a si longtemps catégorisé en cinéaste bis et cantonné au public du cinéma de genre. Pourtant, si cela peut être valable à la vision de ses premiers films, ce qui ne serait même pas très juste tant il possède déjà tous les attributs d’un auteur supérieur de Stéréo à Scanners, c’est Avec Vidéodrome que David Cronenberg s’impose de façon indiscutable. 30 ans après sa sortie, ce morceau de bravoure graphique et visionnaire n’a rien perdu de sa superbe, n’a pas pris une seule ride alors qu’il est sorti dans la pire des décennies sur ce point-là, et semble synthétiser l’ensemble de l’œuvre de son créateur.
(Suite)
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samedi 5 février 1983
Vidéodrome (1983)
Libellés :
(Tous les Films),
Fantastique
Pays/territoire :
Canada
samedi 10 février 1979
Hardcore (1979)
Méconnu et mésestimé, Hardcore, de Paul Schrader, est un thriller sulfureux qui rappelle à la manière du Cruising de William Friedkin et La cité des dangers, de Robert Aldrich que le cinéma US des années 70-80 n’avait pas peur des tabous et des controverses. Jack Van Dorn, un riche fabricant de meubles du Michigan, accompagne sa fille Kristen à une convention calviniste en Californie, mais apprend peu après qu’elle a disparu. Il se rend jusqu’à Los Angeles, où il engage un détective privé qui trouve une bobine de film pornographique dans lequel apparaît Kristen. Van Dorn décide de poursuivre lui-même les recherches en se faisant passer pour un producteur de films X. Il parvient à retrouver la trace de sa fille grâce à Niki, une prostituée… Dans le sillage du Voyeur, de l’anglais Michael Powell, Hardcore de l’américain Paul Schrader fait référence au snuff movie en reprenant l’imagerie d’une culture underground où il est impossible de contrôler la provenance et la nature des images. Cela permet de générer le suspense quasi-affectif du thriller (qu’est devenue la fille ?). Ce qui est intéressant ici, c’est que le mythe devient réalité au grand dams de la morale. En réalité, le terme de snuff movie a été crée pour qualifier les abominations de Charles Manson qui, selon la rumeur, filmait avec ses complices les assassinats qu’il commettait.(Suite)
Libellés :
(Tous les Films),
Fantastique
Pays/territoire :
États-Unis
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